Les banques françaises vont devoir faire de nouvelles promesses. Les établissements bancaires étaient convoquées par Christine Lagarde afin de dresser un bilan des crédits alloués en 2009 contre l’aide de l’Etat.
Les banques françaises étaient exemptées de toute pénalité et refusant de s’engager sur un nouvel objectif chiffré de croissance de leurs encours de pret . Les banques se sont donc vu rappeler à l’ordre par Nicolas Sarkozy. Sarkozy a menacé d’une entrée de La Banque Postale sur le marché du crédit aux entreprises.
Les établissements bancaires français doivent donc renouveler leur engagement de financement de l’économie. Cet engagement ne devait pas porter sur un taux de croissance des encours. Il s’agissait plutôt d’une enveloppe de crédit .
La banque BNP Paribas a lancé une opération mi-septembre pour allouer 5 milliards d’euros sur quinze mois aux entreprises, commerçants et artisans. Un plan qu’elle a dépassé de 20 % sur les trois premiers mois. La Société Générale a aussi indiqué qu’elle avait dépassé ses objectifs lors d’une campagne similaire, mobilisant 7,6 milliards au lieu des 5 prévus. Le Crédit Agricole, qui s’était engagé à allouer 22 milliards d’euros jusqu’au 31 décembre. La banque s’était dite en mesure d’ effectuer un pret de 300 millions par jour jusqu’à fin 2009, soit en moyenne 80.000 prets à l’ habitat, 60.000 prets aux entreprises et professionnels, 500.000 prets à la consommation et 1.500 prets aux collectivités publiques. Actuellement, le Crédit Agricole accorde 8.000 credits aux particuliers par jour et 14.000 credits aux professionnels par semaine.
Tout le monde s’accorde sur la difficulté de s’engager sur une croissance chiffrée des encours. Quand les banques avaient promis à l’automne 2008 une augmentation de 3 % à 4 % de leurs crédits , le PIB croissait de 1 % et, en lieu et place des 3 % prévus en 2009, l’indicateur a dégringolé de 2 %.
Dans ce contexte, même approcher des objectifs attendus est une prouesse, revendiquent les banques. BNP Paribas a annoncé une croissance de 3,7 % de ses encours pour 2009, soit très légèrement au-dessous de sa barre impartie de 4 % (6,4 milliards d’euros attendus). Les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires ont atteint une progression similaire. C’est au-delà de l’objectif fixé à l’Ecureuil (3,2 %, soit 7,3 milliards), mais en deçà de celui des Banques Populaires (4 %, soit 5,8 milliards). Société Générale fait état d’une hausse de 3,1 % de ses encours. Elle promet de poursuivre ses efforts et porter une attention toute particulière à la réduction des délais d’accord de credit aux entreprises.
Les douze banques aidées par l’ Etat ont accru leurs encours de 2,7 %. Ce qui laisse supposer que les autres banques avoisinent plutôt les 2 %. Le groupe Crédit Agricole a augmenté ses encours d’environ 2,4 % sur la base des chiffres publiés pour 2008 par la Cour des comptes. L’an dernier, son stock de credit a atteint 460 milliards d’euros. De même le Crédit Mutuel émarge entre 2 % et 3 %. Cependant demander une croissance de plus de 3 % aux deux premiers banquiers de l’économie, qui pèsent à eux seuls la moitié des crédits accordés par les grands réseaux, n’a pas le même poids que pour les autres. Les encours dépendent de la production réalisée, mais aussi des remboursements de credits. Or les banques, comme le Crédit Agricole, ont enregistré des remboursements de crédits élevés amorcés en 2000.
source : les Echos